on y va !

"Rare : un récit d'experience professionnelle d'animation d'ateliers par une Américaine compétente. Magnifique de finesse, de savoir-faire et de didactisme. Traduit avec maestria par Richard Doust.
A lire ! Un régal !"


critique parue dans Ecrire et Editer, nov 2000

L'AUTEUR
LE TRADUCTEUR
L'ATELIER D'ECRITURE
J'ECRIS PARCE QUE...
PREMIERE PENSEE
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Le traducteur - animateur

Traducteur des Italiques Jubilatoires, Richard Doust est aussi compositeur et improvisateur, pianiste, trompettiste et comédien. A la rencontre de ce livre de Natalie Goldberg, il découvre le monde de l'écrit et également un moyen d'approfondir et de concrétiser son travail de scène. Il se produit régulièrement dans les formations Les Yiddishe Mamas et Papas et Laïdi Dalou.

Il anime lui-même régulièrement des ateliers d’écriture en France utilisant les méthodes présentées dans ce livre. Pour le contacter, envoyez un e-mail à atelier@yiddishmusical.com ou aller voir son site personnel à www.chez.com/richeart.

Sa formation musicale au Conservatoire National de Région de Strasbourg, (Département de Jazz et Musiques Improvisées) ainsi qu’une formation théâtrale (Méthode Tchékov) lui permettent de participer à divers spectacles musicaux de théâtre et de danse, dont notamment Les Yiddishe Mamas et Papas. En parallele à ses prestations sur scène, il mène une activité de compositeur de textes et de musiques et ses "compositions littéraires pour musiciens" ont trouvé récemment leur expression auprès du trio ‘Passage vers . . .’.

Animateur d’ateliers d’écriture depuis 1997, pour lui ce travail represente autant le défi d’étendre son champ créatif à une
nouvelle discipline, qu’une suite naturelle de sa recherche d’unité dans ses différentes passions.

Voyageur et linguiste passionné, de nationalité anglaise, il maîtrise l'allemand, l'italien mais aussi le russe, langue acquise lors de
collaborations avec des artistes de Moscou.

Cette sensibilité polyglotte, alliée à une voix travaillée avec le Théâtre Roy Hart et une ‘écoute profonde’ travaillée avec
Pauline Oliveros (USA) lui donnent une perception enrichie de textes dans n’importe quelle langue.

voici un interview entre Richard Doust et l'éditeur du livre, Souffle d'Or :

Le Souffle d'Or : "Monsieur Doust, est-il possible de rapprocher l'écriture d'un art martial ?"

R.D. : "Je pense que toute activité peut (et devrait ?) être pratiquée comme un art martial : on se concentre sur son souffle, on lâche tout, on est éveillé au maximum de ses sens, on écoute tout, et on déverse toute notre énergie au juste moment, sans réfléchir, sans se perdre dans ses pensées. Peut-être justement une des forces de ce livre, c'est d'inspirer tout un chacun à voir et entendre l'écriture de cette façon, et pas seulement l'écriture, d'ailleurs. Couper court au tchatche dans sa tête, se laisser descendre à un niveau d'enracinement plus profond dans ce qu'on écrit, se maintenir dans cet état de disponibilité maximum qui permet aux mots de venir tout droit du cerveau, aux phrases de venir dans leur première 'mouture': capter les premières pensées de l'ésprit. Arriver à ça, c'est sûrement le but de tout art martial, et de tout art. Pour un art martial, on doit se débattre avec des formes et des mouvements corporels précis, avec le poids d'une tradition gestuelle, pour l'écriture, on se débat avec son 'esprit de singe' qui se déconcentre à chaque instant, avec ses idées de ce qu'est 'la bonne écriture', avec ses résistances et ses blocages, avec les fourberies de son ego qui voudrait éviter de se mettre devant la page blanche et la 'salir'. L'important, c'est de pratiquer avec tout son être en éveil, peu importe ce qu'on fait. En cela, l'écriture, la vie, tout, est un art martial."

Peut-on considérer l'écriture comme une thérapie ?

"je trouve le mot thérapie enfermant dans son sens actuel. L'écriture, comme la peinture, la marche à pieds, la méditation, la prière (!), ne peut pas se réduire à une thérapie, bien qu'elle ait indéniablement des effets thérapeutiques. La thérapie, c'est une activité qu'on choisit de faire dans un but précis: aller mieux. L'écriture, telle qu'elle est abordée dans ce livre, est plutôt une 'pratique', une discipline personelle qu'on mène pour éclairer non seulement ses propres problèmes et difficultés, mais aussi ceux des autres et du monde entier, et on ne s'arrête pas aux problèmes non plus, c'est toute la panoplie de notre existence qui en est touchée. C'est pour cela qu'on ne s'arrête pas d'écrire le jour où on va un peu mieux (ou un peu moins bien), la nature même d'une 'pratique' personelle veut qu'elle soit régulière et indépendante de nos humeurs."

- Avez-vous toujours autant de plaisir à animer des ateliers d'écriture depuis toutes ces années ?

"Oui. Pour moi, c'est un retour permanent à un état de débutant, d'émerveillement devant ce qu'un groupe de gens peuvent s'échanger par l'écriture en quelques heures. Les mots rebondissent comme des balles, les humeurs et les atmosphères vont et viennent comme des marées, les gens 'desempactent', 'déballent' et déroulent leurs pensées sur la page et en lisant. Certains soirs, on sent l'air remplit d'une buée de mots tellement dense qu'on a l'impression qu'on pourrait le sentir contre la peau, une justesse arrive alors, des textes où chaque mot arrive dans une phrase déjà cisellée pour lui, il tombe en place. D'autres soirs, l'ambiance est plus mixte, plus hétérogène, les gens (et l'animateur) plus dispersés. Cela ne fait rien, l'important, c'est de pratiquer, de continuer à échanger, de percer à travers les fissures de lumières dans notre esprit. Ne pas rendre notre activité, notre pratique dépendante des humeurs d'un jour."

- En quoi ce livre se distingue-t-il de ceux déjà publiés ?

"La plupart des livres sur l'écriture se concentrent sur différents méthodes et approches pour arriver à écrire dans une forme donnée; le roman, la nouvelle, le poème, l'article de presse, le scénario, etc. Ce livre se situe à un stade qui précède toutes ces démarches et pose la question ; qu'est-ce que je veux vraiment écrire au fond de moi ? Il dit, 'laisse-toi le temps de découvrir tes besoins en écriture, le temps de commencer à sentir ta direction, ta voix, avant de te débattre tout de suite avec les formes d'écriture existantes, trouve ta voix, puis tu pourras la canaliser dans l'écriture de n'importe quelle formes'. Ce livre parle d'un espace-tampon entre la pensée brute et le texte fini, qu'on peut maintenir en vie par la pratique. C'est l'art de créer le compost d'où pourront surgir par la suite tous nos poèmes, nos romans. Bien sûr, on peut apprendre beaucoup en s'attelant à l'écriture d'un roman, mais, je crois qu'il y a plein de questions 'techniques' qui se résolvent d'elles-mêmes une fois qu'on commence à faire confiance à sa propre voix."